Communiqués de presse

8 mars 2017, journée internationale des droits des femmes

 
8 mars 2017, journée internationale des droits des femmes

Jeannine Texier

En 1939, la vie de Jeannine semble toute tracée. Elle a 28 ans, elle est l'épouse de Georges Texier, professeur au collège de Saint Jean d'Angély, mère de deux enfants et bientôt trois. 1939, Georges est mobilisé.

Mai 1940 voit l'effondrement militaire de la France, l'invasion du territoire, l'exode, l'humiliation de l'armistice. Jeannine Texier refuse la défaite confortée qu'elle est par un certain général de Gaulle dont elle entend l'appel à la radio. Un refus qu'elle partage avec Georges démobilisé et en accord pour agir.

Georges recrute un petit groupe parmi ses élèves, met en place avec l'imprimeur André Brisson, une filière d'évasion pour les requis d'office puis pour les réfractaires au STO. Avec l'aide de Monsieur Brisson, il réussit à rejoindre un groupe important, l'Organisation Civile et Militaire (OCM).

Hiver 1942/43, conformément aux directives de Londres et dans le cadre de l'OCM, le mouvement rochelais "Honneur et Patrie" fédère et structure la Résistance départementale en séparant activités civiles et activités militaires. Le 14 mai 1943, Georges Texier est nommé responsable civil du secteur Nord-est du département dont l'arrondissement de Saint Jean d'Angély qu'il structure par cantons, nommant un responsable à la tête de chacun.

Quelle est alors la place de Jeannine dans cette résistance ?

Avec ses trois enfants elle ne peut guère s'investir sur le terrain mais le couple est soudé et elle est au courant de bien des choses. Elle sait se taire, observer. La maison abrite les réunions clandestines des responsables locaux. Elle sait beaucoup de choses et en connaît les risques.

Septembre/octobre 1943, un grand coup de filet de la Gestapo anéantit l'organisation départementale. Saint Jean d'Angély est un des rares secteurs épargnés. Cependant Georges est convoqué à la Gestapo à Saintes en décembre 43. Il en sort libre mais se sait repéré et doit envisager un refuge. Il a malheureusement trop tardé. Le 20 janvier 44, en son absence, la Gestapo se présente à son domicile. L'apercevant sur son vélo, Jeannine tente de l'avertir, ce qu' il réalise trop tard et alors qu'il s'enfuit, il est abattu dans sa rue à quelques mètres de chez lui.

Jeannine se retrouve jeune veuve responsable de trois enfants. Bien qu'effondrée par la perte de son époux, elle décide de reprendre le flambeau dans ce secteur sinistré à son tour par les nombreuses arrestations. S'appuyant sur les chefs de groupe rescapés et qu'elle connaît, elle entreprend de renouer les liens entre eux et se met sous les ordres de Louis Bastard, résistant devenu clandestin. Elle est son agent de liaison et sait qu'il faut rétablir le contact avec le nouveau chef départemental, le commandant Thibaudeau qu'elle rencontre à plusieurs reprise en grand secret. Elle reprend contact avec Marcel Coutinot qui assure la liaison avec l'état major régional à Bordeaux et l'état major national à Paris.

Infatigable, tenue par une volonté de fer, aidée par son père, elle parcourt la région à bicyclette, informant, rassurant, communiquant les consignes pour permettre la reconstruction de la résistance dans l'arrondissement. Faisant preuve d'une grande vigilance, elle avertit à temps Louis Bastard lui évitant ainsi l'arrestation.

Déléguée du COSOR, Comité des Œuvres Sociales de la Résistance, elle se dévoue sans compter, rendant visite aux familles de résistants et de déportés auxquels elle apporte aide morale et matérielle. Elle est convaincue qu'il y a plus malheureux qu'elle.

Membre du Comité de Libération de Saint Jean d'Angély, elle est chargée d'examiner les dossiers des collabos, assure le convoyage de déportés rapatriés. A la fin de la guerre elle suit une formation sociale et devient secrétaire de la DAS.

De 1948 à 1959, Jeannine Texier est conseillère municipale, adjointe au maire, chargée des affaires sociales.

A partir de 1960, elle s'investit pour donner vie au Concours national de la Résistance et de la Déportation créé par Roger Faraud et se rend dans les établissements scolaires pour rencontrer les jeunes, témoigner, discuter, répondre à leurs questions avec beaucoup de disponibilité et de dynamisme.

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Jannin Texier a reçu de nombreuses distinctions :

Médaille militaire
Chevalier de l'Ordre du Mérite
Croix de guerre
Croix du Combattant
Volontaire de la Résistance
Croix du Combattant
Médaille de la Reconnaissance française.

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